2001 PARISCOPE

 

Question de temps

 

par Alexandre Grenier, pariscope, 2001

 

Il faut aller contempler les magnifiques exercices de styles capillaires de la Coréenne YOO Hye-Sook que semble captiver la chevelure de ses contemporains. « Caractère ambigu… » note Nuridsany dans la préface du mini catalogue. Effectivement on peut d'entrée penser fétichisme, mais l'artiste répond que sa fascination est toute botanique, comparant ces cheveux qui poussent à des plantes folles et vivaces qui poussent sur notre propre vie. 

 

Quoi qu'il en soit, elle fait là œuvre magnifique, presque monochromatique, avec cette finesse et cette fatuité qu’à l'art asiatique de faire avec peu de moyens et beaucoup de patience des choses admirables. Elle fait œuvre cheveu après cheveu, comme Pénélope faisait de la tapisserie, et si on ne peut s'empêcher de penser à l'art hyperréaliste d'un Gnoli, par exemple, on doit vite écarter cette tentation, il y a chez YOO Hey-Sook une autre dimension, une alchimie entre temps et patience. Un truc qu'on ne connaît pas bien ici…